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DESTRUCTION IMMUNITAIRE DES CELLULES BETA DURANT LE DIABÈTE

En imageant directement in vivo la dynamique des cellules immunitaires dans le pancréas durant le développement du diabète de type 1 dans un modèle murin, Marie Schaeffer, chercheuse dans l’équipe de Patrice Mollard à l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier, et son collaborateur Javier Hernandez à l’Institut de médecine régénératrice et immunothérapie de Montpellier, ont identifié un mécanisme cellulaire essentiel à la progression du diabète de type 1. Cette étude a été publiée en janvier 2018 dans la revue Frontiers of Immunology.

Le diabète de type 1 est une maladie autoimmune caractérisée par une infiltration progressive des îlots de Langerhans pancréatiques par les cellules immunitaires et la destruction des cellules beta productrices d’insuline. Les lymphocytes sont les acteurs principaux, et des rôles distincts ont été attribués aux lymphocytes auxiliaires CD4 et aux lymphocytes cytotoxiques CD8 dans la destruction des cellules beta. Il a été extensivement démontré que l’aide fournie par les cellules auxiliaires CD4 aux cellules CD8 dans les ganglions lymphatiques est essentielle à l’initiation des réponses immunitaires. Cependant, l’importance de l’aide fournie par les cellules auxiliaires aux cellules cytotoxiques « tueuses » une fois qu’elles ont migré dans les tissus où se trouvent la protéine cible, reste largement inexplorée.

En utilisant la microscopie multi-photonique intra-vitale appliquée au pancréas chez la souris anesthésiée, dans un modèle de souris diabétiques aux cellules immunitaires identifiées par des marqueurs fluorescents, les chercheurs ont pu visualiser les deux types de lymphocytes et quantifier leurs interactions in vivo durant le développement de la maladie. Lors de l’assaut contre les cellules beta, les cellules « tueuses » bénéficient d’une aide par le biais de facteurs solubles sécrétés par les cellules auxiliaires interagissant avec des cellules présentatrices d’antigène. En utilisant des anticorps bloquants les interactions entre cellules auxiliaires et cellules présentatrices d’antigène au moment où les cellules immunitaires ont déjà infiltré le pancréas, les lymphocytes CD4 auxiliaires changent de dynamique et accélèrent dans le tissu, les lymphocytes « tueurs » perdent leurs fonctions cytotoxiques, le développement de la maladie est ralenti, et l’incidence du diabète et diminuée.

Les chercheurs ont ainsi démontré un rôle essentiel de l’aide prolongée des lymphocytes auxiliaires CD4 dans le maintien des fonctions effectrices des lymphocytes cytotoxiques CD8 « tueurs » dans le pancréas et dans la progression du diabète. L’identification du rôle de la coopération entre lymphocytes dans les tissus cibles pourrait avoir une grande importance dans le développement de nouvelles thérapies contre le diabète de type 1, et d’une façon plus générale, contre d’autres maladies autoimmunes impliquant ces types cellulaires.

 

img.actu.m.schaeffer.1 Image confocale d’un îlot pancréatique infiltré par des lymphocytes auxiliaires (bleu)
et cytotoxiques (vert) spécifique pour un antigène exprimé par les cellules beta (rouge).
Echelle: 200 µm.

 

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